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Une belle critique pour Hard Rock Cargo

samedi 13 février 2021

Magali Bertrand, bibliothécaire et bien entendu lectrice, nous a fait cadeau sur sa page Facebook d’une superbe recension du roman Hard Rock Cargo de Nicolas Kempf. Merci pour ces très beaux retours qui nous confortent et nous soutiennent !

La toute jeune maison d’édition alsacienne Le beau jardin, qui s’épanouit non loin du Verger, son grand frère, lance une très jolie collection, L’Herbier, où les auteurs viennent s’épanouir comme autant d’herbes folles aux styles et aux couleurs chamarrées. J’ai eu le plaisir d’y retrouver Nicolas Kempf , camarade de tribu et de calambours qui y fait, de manière très convaincante, ses premiers pas de romancier à bord du Hard Rock Cargo.

Pas de chance pour lui, Métral est beau, beau comme le camion qu’il conduit de main de maître pour le père d’Angela, enfant gâtée et sans scrupule dont il fait vibrer les courbes de voiture de luxe. Une carlingue magnifique, bien au-dessus de ses moyens, et Métral le sait. Alors, si ça ne l’empêche pas de foncer vers cet amour en sens unique, ça le met en situation de n’être pas toujours maître de son véhicule et d’accepter de franchir l’une ou l’autre ligne continue pour tenir la route. Par manque de visibilité et d’anticipation, il lui en coûtera un permis de suivre son petit bonhomme de chemin comme il l’entend pendant quinze longues années. Quinze ans de stationnement à ronger son frein pendant que grandit loin de lui quelqu’un qui devrait l’appeler Papa.

C’est la première incursion de Nicolas Kempf dans la pure fiction, hors des cases de la BD historique, où il officie comme scénariste depuis plusieurs années, ou des biographies dont il accompagne la rédaction, et, pour une première sortie de route, il fait preuve d’une belle maîtrise. Car malgré l’une ou l’autre incohérence un peu difficile à avaler (l’énorme naïveté de Métral et la rupture narrative un peu acrobatique…), on se laisse emporter par la fluidité de son style et l’immense capital sympathie dont il dote sa figure centrale. On retrouve dans la solidité de la construction de chaque personnage toute l’expérience acquise au contact de tant de vies racontées et on jurerait, en les quittant, avoir croisé leur regard au coin d’une rue strasbourgeoise, avoir surpris leurs conversations dans un café du coin, les avoir rencontrés, vraiment, car leurs portraits sont denses et précis et leurs voix claires et distinctes lorsqu’elles ricochent dans les dialogues plein de vie de leur facétieux créateur. C’est la très grande force de cet attachant roman.